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COCK O' THE NORTH



L’origine de la mélodie

Cock of the North est une marche militaire écossaise en 6/8 (également jouée en Jig). La première référence écrite à cette mélodie d’origine anglaise, alors connue sous le nom de « Joan’s placket is torn » (la patte de boutonnage de Jane est déchirée) date de 1667.
Elle aurait été jouée (mais la preuve n’en a jamais été apportée) en 1587, dans sa version trompette, au château de Fotheringay, alors que Marie Stuart se dirigeait sur le lieu de son exécution (une petite bute voisine).
On la retrouve également publiée dans un recueil parisien de contredanse, en 1706, sous le nom de « jumping Joan » (Jane la bondissante). Elle a également un équivalent connu sous le nom de "Auntie Mary" notamment en Irlande et à Terre-Neuve.


L’origine du nom "Cock o’ the North"

Le duc de Huntly est le chef du clan Gordon (ce nom vient d’un village et d’une paroisse du même nom dans le Berwickshire. Il est dérivé des mots “gor” signifiant « spacieux » et “din” signifiant « fort » en Brythonic, un ancien langage celte).
Depuis le début du 15e siècle, il réside au château d’Aboyne, choisi pour sa position stratégique près de la rivière Dee, un des principaux points de passage vers le nord-est de l’écosse.
Les Gordons, des propriétaires fonciers plutôt qu’un clan tribal traditionnel, étaient connus pour être des tenants du catholicisme et pour leur parfaite maîtrise de l’élevage des chevaux.
À l’apogée de leur puissance, les Gordons avaient pratiquement un royaume indépendant dans le nord-est de l’écosse (Aberdeenshire & Banffshire). Leur influence et leur immense pouvoir valurent au chef du clan le surnom de « Coq du nord ». Sans doute par assimilation à cet animal fier, au cocorico bruyant et vantard, et suffisamment courageux pour être capable de se battre jusqu’à la mort. De nos jours, ce titre honorifique est toujours revendiqué et porté avec fierté par le chef de clan.
  
Un jour, vraisemblablement animé par quelques griefs à l’encontre de ce clan, le colonel Peter Townsend, héros anglais durant la seconde guerre mondiale, déclara à la télévision française que c’était là un bon choix compte tenu des principales caractéristiques dudit volatile : un braillard inefficace (qui ne pond pas d’oeufs) et imbu de soi-même au point d’imaginer qu’il fait lever le soleil...


Les Gordon Highlanders

Le premier à hériter du titre honorifique de « Cock o’ the North » fut Alexander Gordon (18 juin 1743-17 juin 1827), 4ème Duc de Gordon.

Le duc est resté célèbre pour avoir, avec l’aide de son épouse la sublimissime duchesse Jean Maxwell, créé en 1794 le 92e régiment d’infanterie qui deviendra plus tard le Gordon Highlanders.
Ce fut leur plus belle réussite commune, puisqu’ils se séparèrent après une union peu heureuse, le duc préférant vivre reclu sur ses terres pour y chasser et élever des lévriers et setters, tandis que son épouse ne s’épanouissait que dans le monde cosmopolite de la politique.
  



En 1793, le gouvernement révolutionnaire de la France déclara la guerre à la Grande-Bretagne.

A cette époque, l’armée britannique manquait de recrues suite à la désafection des jeunes hommes pour l’enrôlement militaire. Le gouvernement demanda donc au duc de Gordon de lever un nouveau régiment.

Jane, une femme du monde, paria avec le Prince Régent, le future roi George IV, qu’elle parviendrait à lever plus d’hommes que lui… donc que le gouvernement.

Bien qu’approchant les 45 ans, elle restait attractive et usa d’une methode de recrutement peu orthodoxe. Vêtue d’un uniforme militaire et d’un bonnet à poils des Highlands, elle parcourut l’Ecosse pour recruter.

A tous ceux qui acceptaient de s’enrôler, elle offrait une guinée qu’elle tenait entre ses lèvres et que la recrue ne pouvait faire sienne qu’en l’embrassant. Après le baiser signant l’acte d’engagement, elle distribuait des rubans aux nouvelles recrues pour qu’elles l’arborent sur leurs chapeaux.

Elle enrôla pas moins de 940 hommes.
Le tartan des Gordon Highlanders


C’est Alexander Gordon qui choisit le tartan du régiment parmi trois proposés par William Forsyth, un tailleur de Huntly.

Il opta pour celui du Black Watch où il ajouta une ligne jaune pour le rendre plus lumineux.
  


La mélodie à travers l’histoire

Si la mélodie “Cock o’ the North” a toujours été utilisée comme marche par les Gordons Highlanders, elle n’est cependant devenue leur marche régimentale officielle qu’en 1933 (en remplacement de Highland Laddie).

Au siège de Lucknow, pendant la révolte des cipayes de 1857, le jeune tambour (Ross - 12 ans) du 93rd Highlanders aurait signalé l’arrivée de son regiment à la garnison assiégée en jouant Cock o’ the North avec sa trompette du haut de la flèche de la mosquée de Shah Najaf malgré le feu nourri de l’ennemi.

En 1897, durant l’assaut des Gordon Highlanders aux falaises de Dargai tenues par la tribu des Afridi pendant la campagne du Tirah, le sonneur George Findlater gagna la Victoria Cross pour avoir continuer à jouer de la cornemuse alors qu’il était blessé aux deux jambes afin de galvaniser ses compagnons d’armes qui finirent par enlever la position là ou d’autres regiments avaient échoués avant eux. Bien que l’on n’ait jamais su officiellement quel air il avait joué pendant la charge “Cock o’ the North” est cité ainsi que "Haughs of Cromdale".

Bien qu’étroitement liée aux Gordon, cette marche est également jouée par d’autres régiments. C’est également la marche officielle de plusieurs autres unités. Citons :

- 48th Highlanders of Canada
- 85th Nova Scotia Highlanders
- King’s Own Scottish Borderers
- Royal Canadian Regiment.




LES PAROLES

La mélodie a été utilisée par les écossais pour accompagner la chanson du poète Robert Burns "Her Daddie Forbad and Her Minnie Forbad." En Amérique du Nord, une version obscène a été créée sous le nom de "Chase Me, Charlie," (attrape-moi Charlie).
De nombreuses autres chansons sont associées à la mélodie de Cock o’ the North. Toutefois la plupart sont des chansons à boire grivoises dont la plus connue s’intitule "Tatie Marie" (Auntie Mary). Il en existe plusieurs déclinaisons. Celle proposée ici est l’une des moins crues et de celles dont les paroles en anglais correspondent le mieux à la mélodie. Le premier couplet est cependant fréquemment repris, quelle que soit la version.



Chorus

Auntie Mary had a canary
Up the leg of her drawers;
She was sleeping, it was creeping,
Up the leg of her drawers.

When I followed a lass.
When I followed a lass who was froward and shy
I stuck to her, stuff
Til I mad her comply.
I took her so lovingly round the waist,
And hugged her tight and held her fast;
When hugged and hauled,
She screamed and squalled.
But, tho’ she vowed all that I did was in vain,
I pleased her so well, that she bore it again.
I pleased her so well, that she bore it again.
Hoighty toity, whisking frisking,
Green was her gown upon the grass,
Oh, those were the joys of our dancing days,
Oh, those were the joys of our dancing days.

  

  Chorus

  Tatie Marie avait un canari
  Le long de ses jambes jusqu’à ses dessous
  Pendant qu’elle dormait, il grimpait
  Le long de ses jambes jusqu’à ses dessous.

  Je suivais une fille des Highland.
  Je la suivais, mais elle était contrariante et timide
  Alors, je me suis collé à elle, un jeu d’enfant
  Jusqu’à ce qu’elle obtempère
  Je l’ai prise si amoureusement par la taille
  Et tenue dans mes bras si fermement
  Que, étreinte et entraînée,
  Elle hurla et cria
  Mais, même si elle jura que mes efforts étaient vains
  Je la satisfis si bien qu’elle en endura encore
  Je la satisfis si bien qu’elle en endura encore
  Je me suis tant donné à folàtrer
  Que sa robe était verdie par le gazon
  Oh, c’était les plaisirs de nos jours dansants
  Oh, c’était les plaisirs de nos jours dansants.



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