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GHILLIE CALLUM (danse des épées)


L’HISTOIRE

Il y a, en Écosse, une grande variété de danses des épées comme the Argyll Broadswords, the Jacobite Sword Dance, the Clansmen Sword Dance, the Broadswords of Lochiel, the Lochaber Broadswords, the Elgin Long Sword Dance and the Papa Stour pour n’en citer que quelques-unes.

Mais, aujourd’hui, le terme « danse des épées » réfère invariablement à « Ghillie Callum », interprétée par un danseur solo au-dessus de deux épées croisées l’une sur l’autre.

"Ghillie Callum (1) " est une des plus célèbres danses traditionnelles écossaises. Cette ancienne danse guerrière des Gaëls écossais remonte au roi Malcom Canmore (2).

Après avoir défait l’un des généraux de Macbeth à la bataille de Dunsinane en 1054, Malcolm, pour fêter sa victoire et montrer toute sa dextérité, dansa au-dessus de son épée qu’il avait croisée au sol avec celle de son adversaire.
Depuis, en sus d’être un exercice pour travailler l’agilité et l’habileté, cette danse d’exultation est devenue une danse de prophétie parmi les guerriers. La légende prétend qu’ils la dansaient pour prédire l’issue de la bataille du lendemain. Si le danseur ne touchait pas les épées, il était assuré de la victoire, sinon il risquait d’être défait et tué.

(1) « Ghillie Callum » signifie « Serviteur de Malcolm ». à l’origine, « ghillie » était le nom donné au jeune homme qui guidait les chefs de clan à la chasse ou à la pêche. Son pendant français serait « garçon » au sens que nous donnons aujourd’hui au serveur dans les restaurants. Plus tard, le terme a été généralisé par les lowlanders (habitants des basses terres d’écosse) pour désigner péjorativement ceux qui assistaient les chefs highlanders. Les Ghillies sont aussi des chaussons de danse à lacet, mais sans languette, portés pour la pratique des danses traditionnelles écossaises. Ils sont plus larges que le pied pour permettre de porter les épaisses chaussettes qui composent la panoplie du danseur des Highlands.

(2) Malcolm Canmore (Canmore signifie « grosse tête ») était le fils illégitime du roi d’écosse Duncan que Macbeth (immortalisé par Shakespeare), le comte de Moray, vainquit et tua en 1040 pour s’emparer de la couronne d’écosse.

Malcolm se réfugia en Angleterre d’où il prépara la reconquête du trône de son père.
Après de longues années, il reprit la route du nord avec une armée et infligea une lourde défaite à Macbeth à la bataille de Dunsinane (1054).

Il paracheva sa conquête à la bataille de Lumphanan (1057) où Macbeth fut tué. Lulach, son beau-fils, lui succéda, mais Malcolm le tua l’année suivante.
Malcolm Canmore fut enfin couronné roi d’Écosse, sous le titre Malcolm III, en 1058. Sa dynastie durera 200 ans jusqu’à l’avènement des Stewart. De son premier mariage avec Ingebjørg (dont le grand-père maternel était le frère des rois Norvégiens Olav Haraldsson et Harold Hardrada), il aura deux fils, Duncan II (qui régna après Malcolm) et Donald. Après la mort de Ingebjørg, vers 1069, il épousa Margarite, la sœur d’Edgar Atheling, qui serait devenu roi d’Angleterre si Guillaume le Conquérant n’avait pas conquis le pays. De ce mariage, il aura six fils, dont trois (Edgar, Alexandre et David) deviendront rois.
Le grand nombre d’exilés anglais rassemblés à la cour d’Écosse et les raids de Malcolm dans le Northumbria et le Cumbria devinrent un sujet de préoccupation pour le roi d’Angleterre Guillaume qui marcha vers le nord et contraignit Malcolm à signer le traité de Abernethy en 1071 et à remettre en otage son fils Duncan, emmené en Angleterre. Malgré cela, Malcolm mena deux autres raids infructueux en Angleterre en 1079 et 1091. En 1093, Malcom se lança dans un nouveau raid, mais il tombe dans une embuscade à Alnwick au cours de laquelle il est tué, ainsi qu’Edward, son fils héritier. La reine Marguerite mourra de chagrin quatre jours plus tard au château d’Édimbourg.
Le règne de Malcom III ne marquera pas l’histoire (a contrario de sa seconde épouse qui deviendra Sainte Marguerite d’Écosse). Son frère Donald III lui succède car les nobles écossais, en réaction avec la tendance anglophile du règne de Malcom, préférèrent revenir à la tradition de la tanistrie [une loi de succession pratiquée par les Celtes où le successeur d’un roi ou d’un chef de clan devait être choisi parmi les parents collatéraux (frères, cousins, neveux) plutôt que parmi ses descendants directs. Elle permettait de choisir un homme puissant et d’âge adulte, mais elle était toutefois souvent source de violents conflits en cas de désaccord, puisqu’elle ne précisait aucune hiérarchie parmi les successeurs potentiels].




LA DANSE

Les origines de la chorégraphie restent obscures. Ce n’est qu’à la fin du 16e siècle qu’on la retrouve régulièrement pratiquée par les hommes désireux de renforcer la puissance et l’agilité de leurs jambes. Montrer sa prouesse athlétique était alors très en vogue dans la communauté des Highlands.




Elle est dansée pour la première fois en compétition en 1832.

Aujourd’hui, dans les Highland Games, cette danse, exécutée en solo autour et au-dessus de deux épées croisées, comprend deux ou trois parties lentes suivies par une ou deux parties rapides (entre les deux le danseur tape dans ses mains pour se donner de l’énergie et commander au sonneur d’accélérer la cadence).

Le danseur doit se concentrer sur le placement de ses pieds tout en s’affichant tel un guerrier en montrant force, contrôle et conviction dans ses mouvements et en arborant sur son visage fierté et assurance.


Au départ, le danseur tourne autour des épées. On dit qu’il "s’adresse" aux épées, comme si elles étaient vivantes, en leur demandant le droit de danser au-dessus d’elles en en faisant d’abord correctement le tour sans venir les perturber. Ensuite, il danse entre les lames et au-dessus. à partir de ce moment, la tradition dit qu’il ne doit plus tourner le dos aux épées, car seul le fou agirait ainsi.


La danse exige une formidable dextérité pour ne pas toucher ni déplacer les épées.

Mais, de nos jours, si le danseur touche l’épée, il ne sera pas blessé le lendemain, mais disqualifié séance tenante ou seulement pénalisé de 5 points (la règle dépend de la catégorie à laquelle appartient le danseur) si l’épée est touchée, mais pas déplacée.



Le danseur tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre (appelé « widdershins » ou le chemin de la sorcière), mais cette danse aurait été pratiquée dans le sens horaire jusqu’en 1880 si l’on en croit la description donnée dans le "Livre du club du vrai Highlander", en 1881.
Le choix de danser dans le sens anti-horaire viendrait du fait que l’épée étant portée à gauche, le danseur solo était moins gêné en évoluant dans ce sens. Toutefois, en choisissant ainsi le sens des sorcières, on provoque le diable pour lui faire face et en venir à bout en réussissant un sans-faute synonyme de chance à venir.
En danse de couples, le port de l’épée obligeait le danseur à tenir sa cavalière par la main droite pour éviter que sa robe se prenne dans le fourreau et à se tenir au centre du cercle afin que son épée ne heurte pas les spectateurs en dansant la ronde qui ne pouvait donc l’être que dans le sens opposé aux aiguilles de la montre.




LA MÉLODIE

La mélodie "Ghillie Callum" remonte à au moins 1768. Elle aurait accompagné "Babbity Bowster", une danse dite du « baiser ». Au cours de cette danse où l’on courtise (traditionnellement la dernière de la soirée), une épée se substitue à une baguette magique. Dans le centre et l’ouest des Highlands, le meneur accrochait un mouchoir à une corde et les posait au sol pour figurer une épée et faire quelques pas dans le sens horaire au son de "Ghillie Callum". Les paroles de la mélodie se prêtent d’ailleurs davantage à cette danse du baiser qu’à celle des épées. La mélodie était remplacée par « The White Cockade » ou par « Blue Bonnet » lorsque l’on utilisait une cocarde blanche ou un bonnet bleu à la place du mouchoir.

La mélodie « Ghillie Callum » a été pour la première fois mentionnée en 1734 dans le manuscrit « Drummond Castle » de David Young. La première partition référencée date de 1804. Elle a, dès lors, connu une popularité croissante notamment via JS Skinner, un maître de danse ainsi qu’un célèbre violoniste, qui enseigna la danse des épées sur cette mélodie à Elgin et Balmoral.



LES PAROLES DE "GHILLIE CALLUM"

Après avoir récupéré le royaume de son père, Malcom monta sur le trône, en tant que roi Malcolm III.

Mais il suscita le mécontentement des Highlanders en épousant une princesse saxonne (Margaret) qui imposa à la cour l’usage de l’anglais en lieu et place du gaélique ; en déplaçant le siège de la cour du château de Dunstaffnage (Argyllshire) à Dunfermline (Fife) ; en ajoutant à la monnaie en circulation une piécette, le Bodle, d’une valeur si faible qu’elle en devint méprisable aux yeux de ses sujets highlanders.
Cette dernière action à conduit à ce que l’héroïque danse des épées "Gille Caluim" soit dansée sur une musique accompagnée par des versets ridiculisant la nouvelle piécette où Ghillie Callum est percepteur de Callum (un odieux fonctionnaire, préleveur de taxes).
Toutefois, seule l’histoire de Callum l’agile highlander reste aujourd’hui présente dans les mémoires.

Les paroles de la chanson sont les suivantes (le "bawbee" (qui signifie pièce de cuivre abimée) représente un demi-penny écossais) :




Chorus

Gille-Caluim twa pennies a bodle
Gille-Caluim twa pennies a bodle
Twa pennies, twa pennies,
Gille-Caluim ae bawbee.

I can get a lass for naething (sweetheart)
I can get a lass for naething (sweetheart)
My pick and wale for ae bawbee,

Chorus

I can get a wife for tuppence,
I can get a wife for tuppence
A wife for tuppence, a wife for tuppence
A useless one for ae bawbee.

Chorus

  

  Refrain

  Ghillie Callum et sa piécette à deux sous
  Ghillie Callum et sa piécette à deux sous
  Deux sous, deux sous
  Ghillie Callum et son demi-penny.

  Je peux avoir un amour de fille pour rien
  Je peux avoir un amour de fille pour rien
  Tel est mon choix et ma préférence à une piécette à deux sous

  Refrain

  Je peux prendre épouse pour deux pennies
  Je peux prendre épouse pour deux pennies
  Une épouse pour deux pennies, une épouse pour deux pennies
  Mais celle-ci ne vaudrait pas un sou.

  Refrain

  

  Luinneag

  Gille-Caluim : da pheighinn
  Gille-Caluim : da pheighinn
  Da pheighenn, da pheighinn
  Gille-Caluim Bonn a sia.

  Gheibhinn leannan gun dad idir
  gun dad idir, gun dad idir,
  ‘srogha’s tagha air bonn a sia

  Luinneag

  Gheibhinn bean air da pheighinn
  Gheibhinn bean air da pheighinn
  Da pheighinn, da pheighinn
  ‘S te nach fhiach air bonn a sia.

  Luinneag


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