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SEANN TRIUBHAS


Seann Triubhas (prononcez « shawn trooz ») est une expression gaélique signifiant « Vieux pantalons ». C’est le nom d’une ancienne danse qui a été, à plusieurs reprises, remaniée après l’insurrection Jacobite de 1745, lorsque Charles Edward Stuart (plus affectueusement connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie) a débarqué en Écosse (depuis la France) pour reconquérir la couronne.

Le début de la campagne est marqué par d’incroyables succès et, après avoir pris Édimbourg, l’armée Jacobite s’avance vers le sud en territoire anglais. Elle atteint Derby où, sans le soutien des troupes françaises, elle doit renoncer à poursuivre sa marche sur Londres. Elle se replie alors dans sa forteresse que sont les Highlands où elle est finalement vaincue à Culloden Moor près d’Inverness en 1746.

Excédé, le gouvernement anglais décida de mettre fin, une fois pour toutes, à la menace militaire jacobite. Les Jacobites sont arrêtés, emprisonnés ou exécutés. Leurs domaines sont confisqués, le système des clans démantelé. Pire, le 1er août 1746, une loi proscrit le jeu de la cornemuse et le port des vêtements traditionnels des Highlands :

En Écosse, aucun homme ou garçon, sauf s’il s’engage comme officier ou soldat dans les Forces de Sa Majesté, doit, sous quelque prétexte que ce soit, porter de vêtements typiques des Highlands tels que le plaid et le kilt ou utiliser des étoffes de tartan pour confectionner des manteaux. Le contrevenant est passible, à la première infraction, d’une peine d’emprisonnement de 6 mois, à la deuxième infraction, à sept ans d’exil dans les plantations outremer.

Cette loi était un vrai crève-cœur pour les partisans des Stuarts et plus encore chez ceux qui avaient combattu pour la maison de Hanovre, côté Anglais, injustement punis. Sans leurs kilts, ils ont dû revêtir le pantalon et sans leurs cornemuses (*) chanter des puirt-a-beul (notes chantées qui, originellement, permettaient d’apprendre les airs lorsqu’ils n’étaient pas retranscrits sur des partitions) pour se souvenir des airs et rythmer leurs danses avec les mots plutôt qu’avec la cornemuse.

(*) La cornemuse n'est pas citée dans l'acte de proscription et elle n'a jamais été formellement bannie. Néanmoins, le zèle déployé par les troupes britanniques après l'insurrection de 1745 à "pacifier" et contrôler les Highlands poussa à l'assassinat de nombreux sonneurs. Le cas le plus célèbre reste celui de l'infortuné James Reid capturé alors qu'il était dans les rangs de l'armée jacobite. À son jugement, il plaida non coupable arguant qu'il était sans arme et ne faisait que jouer de la cornemuse. Le juge lui répondit que l'on n'avait jamais vu un régiment de Highlanders monter au combat sans le son des cornemuses et qu'en conséquence, aux yeux de la loi, cet instrument de musique était assimilable à une arme de guerre. Reconnu coupable, James Reid fut exécuté à York le 6 novembre 1746. Ces incidents ont pu faire croire au bannissement de la cornemuse. Mais, en réalité, le déclin du pouvoir des chefs de clans et la désertification des Highlands suite aux clearances sont bien davantage responsables du déclin de la pratique de la cornemuse. Même la très célèbre école de cornemuse des MacCrimmon's ferma dans les années 1760 suite à une querelle avec le chef des MacLeod au sujet de la rente à payer pour la formation des apprentis sonneurs qu'il n'avait plus les moyens de payer. En fait, une fin pas très romantique....

Le désarmement des Highlands était certes une mesure nécessaire et souhaitable, mais l’interdiction du tartan fut une humiliante vexation bien injuste dans ses effets. En outre, elle porta à toute l’activité locale de confection un coup dont elle mit très longtemps à se remettre. L’application de cette loi contraignit plus d’un Highlander à s’affubler d’oripeaux ridicules, faute de pouvoir, dans les parties du pays éloignées des Lowlands, se procurer les vêtements requis. On les disait habillés de « tapis de selle ».

Cette humiliation dura près de 36 ans.

Bien des années après, les Highlanders avaient pu démontrer leur loyauté envers le nouveau régime en combattant au sein de régiments de l’armée britannique (comme les Fraser pendant la guerre de Sept Ans), tandis que beaucoup des chefs et leurs clans, jadis disgraciés, s’étaient rachetés dans les yeux de la Couronne.

On jugea donc que la loi sur la proscription de la tenue des Highlands pouvait être abrogée. Toutefois, les vrais motifs étaient essentiellement économiques et visaient à permettre aux filatures d’engranger des bénéfices en produisant davantage de tissus en tartans, à l’époque très à la mode à Londres.

Le texte de l’abrogation, en date du 1er juillet 1782, était ainsi rédigé :

"Écoutez, hommes, fils des Gaëls ! Le Roi et le Parlement de la Grande-Bretagne ont à jamais aboli la loi sur la prescription du port de la tenue Highland. Voilà qui doit faire chaud au cœur de tous les Highlanders qui ne sont plus astreints à porter le bas viril de la tenue des Lowlanders. Chaque homme, jeune ou vieux, de souche simple ou noble, peut désormais porter la tenue des Highlands sans crainte de la loi".

Mais, après 36 ans, l’habitude de porter le costume des Highlands au quotidien avait été perdue et les valeurs claniques amoindries. Quelques nostalgiques parmi les hommes les plus âgés y revinrent, mais la plupart ne conservèrent la tenue que pour les grandes occasions.



La mélodie

La mélodie "Whistle o’er the lave o’t" est si intimement associée à la danse qu’elle est maintenant connue sous le nom de "Seann triubhas". Elle est dérivée d’une autre datant du début du 18e siècle "De’il stick the minister" (le diable frappe le pasteur) que l’on attribue le plus souvent à John Bruce de Dumfries (c. 1720-1785). Personnage haut en couleur, Bruce était un jacobite, né à Braemar, qui avait été emprisonné dans le château d’édimbourg après l’insurrection de 1745 et la défaite de Bonnie Prince Charlie. Son talent de violoniste aurait contribué à sa libération après quoi il retourna à Dumfries, où il fit la connaissance de Robert Burns qui dira de lui : "c’était un honnête homme, mais un fol dingue de Highlander". Selon Flood (en 1906), la mélodie était à l’origine un air irlandais datant du 17ème siècle appelé "Maggie Pickens", que les écossais se sont approprié. La mélodie était une des marches favorites des Volontaires irlandais (1774-1784).

"The devil stick the minister", connue dans toute l’Écosse et les îles Shetland sous différentes versions, est une mélodie très ancienne datant de l’époque où les pasteurs covenantaires avaient tenté d’interdire la pratique du violon jugée pernicieuse (en anglais ’fiddling’ (jouer du violon) a longtemps été sous-entendu comme ’whistling’ (siffler). Aussi reprochait-on aux violonistes d’attirer à eux par le truchement du sifflement de leur instrument l’attention des femmes qui leur plaisaient, comme l’auraient fait, en sifflant, des hommes de mauvaise éducation. Une histoire raconte que dans un district, le pasteur avait brisé tous les violons à l’exception de celui d’un homme qui, ne supportant pas de voir son instrument détruit, l’avait caché sous une botte de foin. C’est ce violoniste inconnu qui composa la mélodie en signe de protestation contre la destruction. La mélodie apparaît dans le manuscrit Bodleian "Collection des nouvelles danses country jouées en Écosse" de DA Young en 1740.

La ’vraie’ mélodie "Seann triubhas" (connue sous "Seann Triubhas Willichan" (le vieux pantalon de William)) si elle est apparentée à "The devil stick the minister" a également un thème mélodique similaire avec "Gin ye kiss my wife, I’ll tell the minister" (Si tu embrasses ma femme, je te dénonce au pasteur) considéré être l’air pastoral d’origine, et avec "This is no my ain hoose", une mélodie sur laquelle Bonnie Prince Charlie dansa à la maison du Lude, près de Blair, avant sa victoire à Prestonpans, en 1745).


La danse

La danse Seann Triubhas, telle que nous la connaissons aujourd’hui, fait suite à la proscription du kilt après l’échec du soulèvement de 1745. Ce n’est pas une danse guerrière contrairement à beaucoup de danses des Highlands, mais une danse de célébration du kilt retrouvé. Dans la première partie de la danse (au tempo lent), la danseuse secoue les jambes pour se délester du pantalon (*) honni. Vers la fin de la danse, la danseuse claque des mains pour se donner de l’énergie et commander au sonneur de jouer plus vite. C’est la partie rapide de la danse où la danseuse, parvenue à se défaire du pantalon et à renfiler son kilt, exprime sa joie de retrouver, enfin, toute sa liberté de mouvement pour danser.

Mais les origines de la danse remontent à bien avant 1745. Originaire du Perthshire, c’était une danse à caractère humoristico-dramatique, connue sous le nom « Seann Triubhas Willichan » (le vieux pantalon de William) et accompagnée de la mélodie du même nom. À l’époque, elle n’était pas considérée comme une danse des Highlands, quoique régulièrement dansée au bal de la St-Michel sur l’île de South Uist.

Après le soulèvement Jacobite de 1745, le poète gaélique Duncan Ban MacIntyre (grand barde du duc d’Argyll) écrivit la chanson "Seann Triubhas", intitulée "Oran do ‘n Bhriogais" (le chant des culottes). Duncan était un Highlander qui combattit pour le gouvernement à Falkirk (apparemment bien malgré lui, si l’on en croit ses sentiments exprimés dans ses poèmes où il jure que jamais plus il ne sera vu dans le camp du roi George, et loue les clans jacobites). La chanson protestait contre la loi interdisant le port de la tenue des Highlands, car elle ne faisait pas de distinction entre les rebelles Highlanders et les loyalistes dont Duncan fut. La danse hérita du titre de la chanson et fut rechorégraphiée pour coller au thème. Elle était cependant toujours accompagnée au violon sur l’air de "The devil stick the minister" qui finit, lui aussi, par être amalgamé avec le nom de la danse devenue très populaire. Mais, pour les nécessités de la compétition (en 1853, les Jeux de Braemar incluèrent pour la première fois en compétition les solos de Seann Triubhas), la mélodie accompagnant la danse a été changée par "Whistle o’er lave o’t" plus adaptée au jeu de la cornemuse. Ce nouvel air n’échappa pas au sort des précédents et hérita lui aussi du nom de "Seann Triubhas" tant il devint le support incontournable de la danse du même nom. Le changement d’instrument entraîna une nouvelle modification du style et du tempo de la danse dont la version moderne n’a plus rien à voir avec l’ancienne. L’association de la danse avec la mélodie de la chanson gaélique Seann Triubhas peut avoir donné l’idée de la chorégraphie mimant la danseuse se débarrassant du pantalon à l’occasion de la fin de l’acte de proscription contre le costume des Highlands, mais ce n’est pas prouvé. D’ailleurs, la chorégraphie moderne est en grande partie l’œuvre du célèbre professeur de danse D.G. MacLennan et de son frère ainé William, joueur de cornemuse et danseur de ballet, qui furent plus soucieux d’introduire d’élégants mouvements issus de la danse classique et de gommer les nuances comiques issues de la danse originale que de mimer la fin de la proscription.



Durant la Seann Triubhas, la danseuse doit montrer son dégout pour le port du pantalon et sa hâte à s’en défaire puis sa joie de retrouver la liberté de mouvement offerte par le kilt retrouvé. Beaucoup considèrent cette danse comme révélatrice de la capacité d’une danseuse à allier la puissance d’une gymnaste avec la grâce d’une ballerine.

(*) Ne pas confondre le « trews », pantalon en tartan qui faisait partie de la garde-robe des riches et nobles écossais et qui leur facilitait la monte, avec « Truibhas » qui représente dans la danse un pantalon de style anglais, une culotte simple.



BREF HISTORIQUE DES TENUES VESTIMENTAIRES


LA CULOTTE ANGLAISE (breeches/triubhas)


Elle s’arrêtait habituellement juste en dessous des genoux même si parfois elle descendait jusqu’aux chevilles. Cela nécessitait une fente au niveau du genou pour pouvoir passer le pied. Cette fente était généralement fermée par des boutons le long des jambes. Une ouverture sur le devant servait de braguette et l’ajustement à la taille était assuré par une fente lassée dans le bas du dos. Les culottes haut de gamme se reconnaissaient à la présence d’une poche (notamment pour la montre) et au fait que les boutons de la braguette étaient cachés. Des bas ou des chaussettes hautes, en lin, laine ou soie, complétaient la tenue basse. Elle est tombée en désuétude au début du 19ème siècle en faveur des pantalons.


TREWS


James V en portait déjà en 1538. Toujours en tartan, ils étaient manufacturés avec beaucoup d’ingéniosité. Le tissu était toujours coupé dans le biais pour lui donner un peu d’élasticité. Le tartan utilisé était généralement d’un plus petit motif que celui des kilts. On prenait soin à ce que les motifs correspondent entre le bas du trews et le haut de la chaussette. Le trews n’ayant pas de poches, le porteur attachait un sporran à sa ceinture, porté sur le côté plutôt que de front. Un plaid pouvait être également porté avec le trews. On rapporte que le trews était porté par le Highlander lors des hivers très rigoureux pour se protéger les jambes, tenue complétée par des chaussures en cuir beige. Mais le port de trews a surtout trouvé des adeptes parmi ceux montant à cheval ou à poney, cette tenue étant beaucoup plus pratique que le kilt. Posséder des chevaux étant généralement un privilège de rang, le trews en vint à être considéré comme la tenue des riches.


LE KILT COURT (ou petit kilt - Feileadh-beag (pr: feela beg))


Beaucoup le voient comme une tenue traditionnelle écossaise très ancienne. Ce vêtement est cependant assez récent puisqu’il aurait été inventé par un quaker anglais originaire du Lancashire, Thomas Rawlinson, entrepreneur en ferronnerie, à Glengarry dans le conté d’Argyll vers 1730. Après la révolte Jacobite de 1715, le gouvernement anglais avait poussé les entrepreneurs anglais à développer leurs activités dans les Highlands afin d’assoir la présence anglaise. Homme d’affaires avisé, Thomas Rawlison était de ceux-ci. C’est en voulant donner des coudées franches à ses bucherons écossais travaillant à l’abattage des arbres nécessaires à l’alimentation du foyer de sa fabrique qu’il inventa le petit kilt pour dégager leurs épaules. Il demanda également au tailleur de coudre les plis afin qu’ils soient marqués une fois pour toutes. Lorsque le chef du clan des MacDonnel à Glengarry - Iain MacDonell - le découvrit, il le trouva si pratique qu’il l’adopta et le promut.

Cette version fut battue en brèche par ceux qui refusèrent d’attribuer à un anglais la paternité du kilt moderne. Des recherches ont permis de trouver des illustrations montrant des Highlanders portant des kilts courts dans d’autres parties de l’Écosse, dès 1690, avant même que Rawlinson n’y mette les pieds. Aussi Rawlison est-il sans doute davantage un promoteur plutôt que l’inventeur de cette tenue qui s’est naturellement développée dans plusieurs régions simultanément. Le premier exemple connu d’un kilt « moderne » aux plis cousus date de 1792. Auparavant, le kilt était davantage plié que plissé. Ce changement a été principalement induit par la nécessité militaire de pouvoir rapidement revêtir l’uniforme dans les régiments écossais servant dans l’armée britannique.


LE PLAID CEINTURÉ (breacan-un-feileadh (pr: bre-kan un feelay) ou grand kilt)


C’est la tenue caractéristique du Highlander partir de la fin du XVIe siècle. Ce large plaid d’environ 1,5 m sur 5 m avait une taille double de celle des métiers à tisser. Il fallait donc, pour le confectionner, coudre dans la longueur deux pièces d’étoffe.
        
On a souvent rapporté que, pour s’habiller, le highlander étendait son plaid au sol, puis le plissait au centre dans la largeur (en laissant lisse, à droite et à gauche, une longueur de bras) afin d’ajuster la longueur à sa taille de telle manière que les plis occupent la moitié arrière et que les deux pans restés lisses se croisent sur le devant (celui de gauche passant au-dessus de celui de droite) pour former le tablier. Le highlander glissait ensuite sa ceinture en dessous (en rabattant les bords) et s’allongeait sur le plaid de manière à ce que le bas du plaid atteigne la mi-genou. Il rassemblait ensuite le tissu autour de lui et le nouait fermement à la taille avec la ceinture.

        
Puis, il se levait et organisait la partie supérieure selon son activité et le temps. L’important étant de toujours être à la fois couvert et à l’aise. Il existe de multiples agencements. Parmi les plus courants, la partie supérieure pouvait être laissée tombante par forte chaleur, ou passée par-dessus les épaules et la tête par grand froid, vent ou pluie, ou encore passée par-dessus l’épaule gauche où elle était fixée par une grande broche. Cette dernière configuration, en coinçant les bouts dans la ceinture, permettait de former des poches sur le côté droit, tout en laissant libre l’accès au sporran sur le devant et à l’épée sur le côté gauche. Lors des combats, il pouvait enrouler la partie supérieure autour du bras gauche pour s’en servir de bouclier, mais nombreux étaient ceux qui préféraient se défaire du grand plaid pour combattre en chemise longue seulement.

Mais, qui pourrait, aujourd’hui, dans nos maisons modernes, trouver l’espace suffisant pour étendre ainsi le plaid et s’habiller ? Cela était encore plus vrai dans les masures que le Highlander partageait avec sa famille et son bétail. Il ne se vêtait pas pour autant dehors dans la cour boueuse ou sur l’herbe mouillée ou le sol bosselé exposé aux bourrasques… En réalité, il y avait à l’intérieur du plaid une série de boucles, espacées d’un intervalle égal à la largeur du plissage, par lesquelles on passait une cordelette qui maintenait l’ensemble prêt-à-porter. Elle facilitait la préhension puis l’ajustement et le passage du plaid autour de la taille avant de le ceinturer.

Le plaid ceinturé avait de nombreux avantages en regard du terrain et du climat des Highlands. Tout en offrant une grande liberté de mouvement, il protégeait du vent, du froid et de la pluie. La laine tissée était très imperméable et le plaid séchait beaucoup plus vite qu’un pantalon, à juste titre jugé bien plus inconfortable.
Par très mauvais temps (forts vents, gel ou neige), le Highlander trempait son plaid dans l’eau avant de le revêtir. Ainsi mouillé, la laine gonflait et le plaid offrait une meilleure protection contre le vent et l’air froid. Par grand froid, il se formait aussi à la surface une mince couche de gel qui ajoutait à la protection. Enveloppé avec sa tête sous la couverture, le souffle du Highlander, confiné contre lui, le gardait au chaud durant la nuit.
Les pauvres Highlanders travaillaient et dormaient dans leur plaid. à la fois manteau le jour et literie la nuit, il absorbait toute la transpiration. Il prenait alors une odeur « immonde et impossible à faire disparaitre » aux dires des Anglais et des Lowlanders.



LES PAROLES DE WHISTLE OVER THE LAVE OF IT

“Whistle o’er the Lave o’t ,” est une poésie satirique et musicale de Robert Burns déçu par le mariage. L’orateur dit que lorsqu’il faisait la cour à Maggie, elle était délicieusement douce, mais que, maintenant, elle est devenue épouvantable à vivre. Il regrette qu’elle ne soit pas morte et se lamente de l’impasse dans laquelle le mariage l’a mené.




First when Maggie was my care,
Heav’n, I thought, was in her air;
Now we’re married—spier nae mair—
But—whistle o’er the lave o ’t!
Meg was meek, and Meg was mild,
Sweet and harmless as a child:
Wiser men than me’s beguil’d—
Whistle o’er the lave o ’t!
How we live, my Meg and me,
How we love, and how we gree,
I care na by how few may see-
Whistle o’er the lave o’t!
Wha I wish were maggots’ meat,
Dish’d up in her winding-sheet,
I could write—but Meg wad see ’t—
Whistle o’er the lave o ’t!
  

  Lorsque Maggie était l’objet de toutes mes attentions,
  Je croyais être au paradis avec elle ;
  Maintenant nous sommes mariés – ne m’en parlez plus -
  Mais, sifflotez sur ce qu’il en reste !
  Maggie était docile et tendre,
  Douce et inoffensive comme une enfant :
  Hommes plus avisés que moi auraient aussi été charmés
  Je sifflote au-dessus de ce qu’il en reste !
  Tel que nous vivons, ma Maggie et moi,
  Tel que nous nous aimons et avons mûri,
  Je ne me soucie plus du regard des autres
  Je sifflote au-dessus de ce qu’il en reste !
  Je souhaiterais que les asticots dévorent ses restes,
  Offerts dans son linceul,
  Je pourrais l’écrire - mais Maggie risquerait de le lire
  Je sifflote au-dessus de ce qu’il en reste !


LES PAROLES DE "SONG TO THE BREECHES" par Duncan BAN MacINTYRE

Chanson du barde Duncan MacIntyre contre le bannissement de la tenue des Highlands que l’on associa à la danse.




Chorus

And since the light-grey breeches
This year make us so sorrowful,
Such things were never seen on us;
Nor do we care to keep them on;
And had we all been faithful
To the King who asked for aid from us,
We would not be for e’er beheld
A-yielding to this sort of garb.

Ill is our fate, that the young Prince
Has met with many a misfortune,
And that King George his dwelling makes
Where Charles should now be sojourning;
The folk who know are telling us
That he to London has no right,
That his own home’s in Hanover,
That he’s a stranger over us.

And it’s the King who’s not our own
Who sorely has insulted us,
Before he tame us utterly
’Twere time to go and fight with him;
For all the rudeness he has shown,
Offensiveness, contentiousness,
Taking our clothes in spite of us
By treating us with violence.

And since we put the trousers on
That clothing does not please us well,
Pinching us around our houghs
Uncomfortable ’tis to wear;
And erstwhile we were spirited,
With our plaids on beneath our belts,
Though now indeed we’re commonly
Clothing ourselves in saddle-cloths.

Methinks this is a poor reward
To men who proved their hardihood,
To take away their ancient garb
Though William conquered with their aid;
We cannot now live happily
Since changèd has our clothing been,
Each other we’ll not recognise
On market days or gatherings.

At one time in my earthly life
I never thought that I should have
Trousers as my covering,
Which fit a man unhandsomely;
And though I’m making use of them,
I ne’er have taken happily
To the garb that comes unnaturally
To the people to whom I belong;

Unlucky this new dress of ours,
Uglily it does sit on us,
So tightly does it cling to us,
We’d sooner see no more of it ;
There’s buttons all around our knees
And buckles closely fastening,
And now the breeks are doubled close
Round the backside of every man.

We’ll get hats of dark-grey hue
To cover up our heads for us,
And coats so smooth and shiny too
As if a mill had polished them ;
Though that may keep the cold from us,
It leaves us not so proud and gay
That it will please our gentlemen,
Our commoners, or our yeomanry.

And ne’er will we be pleased with it
A-walking in the lonely glens.
Or when we go a-shieling-wards
Or anywhere that lassies are
King George it is who’s wrongèd us,
And I am much in wrath for it,
Since he did take the kilt away
And each dress that belonged to us.

And every one in Parliament
Was wrong, with all their learning,
When on the Campbells they did put
The tightness of the trousers;
Though they it was who aided them
The year that the rebellion came,
Each man of them enlisting in
The Militia which they did raise.

And they were brave and active too,
As long as there was fighting on,
But few of them will e’er again
Go into camp along with him;
Since he did take our dress away
And left us all in misery,
He’s done to us each thing he could
Thinking to bring woe on us.

And now ’tis we who surely know
The mercy that Duke William’s shown,
Since he’s left us like prisoners
Without our dirks, without our guns,
Without our belts, without our swords,
We may not even pistols have,
For England has command of us
Since she did wholly conquer us.

There’s anger too and misery
In many a man now at this time,
Who was in William’s camp before
Who’s now no better that he’s won;
And if Prince Charles to us returned
We would arise and follow him,
The scarlet plaids once more be worn
And all the guns be out again.

  

  Refrain

  C’est donc le port de la culotte
  Qu’on nous impose désormais,
  Cette horreur qu’ici nul ne porte
  Et ne voudra jamais porter !
  Voilà comment on récompense
  Notre fidélité au roi :
  Il lui faut pour sa pénitence
  Passer cet accoutrement-là !

  Pourquoi fallait-il que la guigne
  S’acharnât ainsi sur Charlie,
  Que Georges qui n’en est point digne
  Occupât son royal logis ?
  Ceux qui s’y connaissent nous disent
  Que sur Londres il n’a point de droits,
  Qu’il règne à Hanovre, à sa guise,
  Qu’il est un étranger pour nous !

  Et c’est ce roi de contrebande
  Qui nous avilit à ce point
  Pour nous mâter. De nous défendre
  Il serait grand temps, je crois bien,
  Et de châtier son arrogance,
  Sa haineuse agressivité,
  Quand il prétend par la violence
  Nous déguiser comme il lui plait.

  Quiconque essaya ce costume
  Sait combien il ne nous sied pas,
  Combien son port nous importune,
  Et comme il serre les tibias.
  Jadis, nous portions avec zèle,
  Nos plaids fixés aux ceinturons,
  Mais ce sont des tapis de selle
  Que désormais nous arborons.

  C’est donc là le sort lamentable
  Qu’on réserve à des gens de cœur :
  On leur prend leurs antiques hardes.
  Qui, sans eux, eût été vainqueur ?
  Finie la vie joyeuse et bonne,
  Depuis qu’on nous a travestis.
  Nous ne reconnaissons personne
  Lorsque nous sommes réunis.

  Jamais je n’eus en ce bas monde
  Imaginé qu’il me faudrait
  Revêtir la culotte immonde
  Qui vous fait un homme si laid.
  Et quand à présent il m’arrive
  D’en passer, c’est à contrecœur
  Avec à l’âme une plaie vive :
  C’est contre l’usage et l’honneur.

  Fi donc de ces nouvelles fripes
  Bien faites pour d’autres que nous !
  à nos jambes, elles s’agrippent
  Et notre patience est à bout.
  Fi donc des boucles que l’on serre,
  De ces boutons sur les genoux,
  Et de cette double barrière
  Qui emprisonne nos dessous !

  Pour recouvrir nos pauvres têtes
  Nous aurons des chapeaux tout gris
  Des manteaux luisants que peut-être
  Quelque machine aura polis.
  S’ils protègent de la froidure
  Nous n’en sommes ni fiers ni gais,
  Comme les Lords et les Communes
  Et les tenanciers le voudraient.

  Qui de nous peut se satisfaire
  Ainsi vêtu, de s’en aller
  à la rencontre des bergères
  Des burons en haut des vallées ?
  Voilà donc l’œuvre du roi Georges ;
  Et ce qui me met en courroux !
  Il a vidé nos garde-robes
  Que nous aimions par-dessus tout.

  Ces Messieurs les Parlementaires,
  Se sont grossièrement trompés
  Quant, aux Campbell, ils imposèrent
  Cet incommode accoutrement.
  Et pourtant ils eurent leur aide
  Quand éclata la rébellion.
  Pas un seul homme ne refusa
  De rejoindre leurs bataillons.

  Et c’est avec zèle et courage
  Qu’ils furent de tous les combats.
  Quant à retourner à l’ouvrage,
  La plupart ne le voudront pas.
  On nous a pris notre costume
  Notre honneur ne compte pour rien.
  On a tout fait, on le présume,
  Pour provoquer notre chagrin.

  Oui, c’est à notre tour d’apprendre
  Comment Cumberland a pitié
  Sans fusils, sans dagues qui pendent,
  Il fit de nous des prisonniers.
  Sans nos ceinturons, sans nos sabres,
  Privés même de pistolets,
  L’Anglais fait de nous ses esclaves.
  Il tient le pays tout entier.

  Plus d’un, réduit à la misère,
  Sent monter la colère en lui.
  Soldat de Cumberland naguère
  Il n’en tire point de profit.
  Que le Prince Charles revienne,
  Tous, aussitôt, nous le suivrons,
  Revêtant nos beaux plaids de laine,
  Pistolets à nos ceinturons !

  

  Luinneag

  ’S o tha a’bhriogais liath-ghlas
  Am bliadhna cur mulaid oirnn,
  ’S è’n rud nach fhacas riamh oirnn
  ’S nach miann leinn a chumail oirnn;
  ’S nam biomaid uile dîleas
  Do’n Righ bha toirt cuiridh dhuinn,
  Cha n-fhaicte sinn gu dilinn
  A’striochdadh do’n chulaidh so.

  Is olc an seôl duinn, am Prionns’ ôg
  A bhith fo mhôran duilichinn
  Us Righ Deôrsa a bhith chomhnuidh
  Far ’m bu chôir dhà tuineachas;
  Tha’luchd-eôlais a’ toirt sgeôil duinn
  Nach robh côir air Lunnainn aig’,
  ’S è Hanôbhar an robh ’sheôrsa,
  Is coigreach oirnn an duine sin.

  ’S è’n Righ sin nach buineadh dhuinn,
  Rinn dîmeas na dunach oirnn,
  Mu’n ceannsaich e buileach sinn,
  B’è ’n t-am dol a chumasg ris;
  Na rinn e oirnn a dh’an-tlachd,
  A mhi-thlachd,’s a dh’aimhreit,
  Ar n-eudach thoirt gun taing dhinn,
  Le h-ainneart a chumail ruinn.

  ’S o’n a chuir sinn suas a’ bhriogais
  Gur neo-mhiosail leinn a’chulaidh ud,
  ’Gan teannadh mu na h-iosgannan,
  Gur trioblaideach leinn umainn iad;
  Us bha sinn roimhe misneachail,
  ’S na breacain fo na criosan oirnn,
  Ged thà sinn ann am bitheantas
  A nis a’ cur nan sumag oirnn;

  ’S ar leam gur h-olc an duais è
  Do na daoine chaidh ’sa chruadal,
  An aodaichean thoirt uapa
  Ge do bhuannaich Diùc Uilleam leo.
  Cha n-fhaod sinn bhith sùlasach
  O’n chaochail ar culaidh sinn,
  Cha n-aithnich sinu a chéile
  Là féille no cruinneachaidh.

  Us bha uair-éigin’san t-saoghal
  Nach saoilinn gun cuirinn orm
  Briogais air son aodaich,
  ’S neo-aoibheil air duine i;
  ’S ged thà mi deanamh iris dith
  Cha d’rinn mi bonn sùlais
  Ris an deise nach robh dàimheil
  Do’n phàirtidh dh’am buinninn-sa.

  ’S neo-sheannsar a’chulaidh i,
  Gur grànda leinn umainn i,
  Cho teann air a cumaclh dhuinn
  ’S nach b’fheairrde leinn tuilleadh i ;
  Bidh putain anns na glùitrean,
  Us bucalan ’gan dùnadh,
  ’S a’bhriogais air a dùbladh
  Mu chùlaibh a h-uile fir.

  Gheibh sinn adan ciar-dhubh
  Chur dion air ar mullaichean,
  Ifs casagan cho sliogta
  ’S a mhinicheadh muileann iad;
  Ged chumadh sin am fuachd dhinn
  Cha n-fhàg e sinn cho uallach,
  ’S gun toilich e ar n-uaislean,
  Ar tuath, no ar cumanta I,

  Cha taitinn e gu bràth ruinn
  A choiseachd nan gleann-fàsaich,
  ’N uair rachamaid a dh’àirigh,
  No dh’àit’am biodh cruinneagan
  ’S è Deàrsa rinn an eucoir,
  ’S ro-dhiombach tha mi féin deth,
  Oon thug e dhinn an éileadh,
  ’S gach eudach a bhuileadh dhuinn.

  ’S bha h-uile h-aon de’n Phàrlamaid
  Fallsail le’m fiosrachadh,
  ’N uair chuir iad air na Caimbeulaich
  Teanndachd nam briogaisean ;
  ’S gur h-iad a rinn am feum dhaibh
  A’ bhliadhna thàin’ an streupag,
  A h-uile h-aon diubh’g éirigh
  Gu léir am milîsi dhaibh;

  ’S bu cheannsalach, duineil iad
  ’San am an robh an cumasg ann,
  Ach’s gann daibh gun cluinnear iad
  A champachadh tuilleadh leis;
  O’n thug e dhinn an t-aodach,
  ’S a dh’fhàg e sinn cho faontrach,
  ’S ann rinn e oirnn na dh’fhaodadh e,
  Shaoileadh e chur mulaid oirnn.

  Is ann a nis tha fios againn
  An t-iochd a rinn Diuc Uilleam ruinn,
  ’N uair dh’fhàg e sinn mar phriosanaich
  Gun bhiodagan, gun ghunnachan,
  Gun chlaidheamh, gun chrios tarsuinn oirnn,
  Cha n-fhaigh sinn pris nan dagachan,
  Tha comannnd aig Sasunn oirnn
  O smachdaich iad gu buileach sinn;

  Tha angar agus duilichinn
  ’San am so air iomadh fear
  Bha’n campa Dhiùc Uilleam,
  Us nach fheairrd’ iad gun bhuidhinn e;
  Nan tigeadh oirnne Teàrlach
  ’S gun éireamaid’na champa,
  Gheibhte breacain chàrnaid,
  ’S bhiodh aird air na gunnachan.


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